Lettre vagabonde – 31 décembre 2003

2003, morceaux choisis

 

Salut Urgel,

Tant de personnes influencent et façonnent ma vie. Il y en a qui m’accompagnent depuis ma naissance, d’autres me font renaître à leur contact. Il est de ces petits riens Urgel, un incident minime ou un objet qui exercent une attraction, qui ont un impact parfois aussi important que le contact humain.

C’est en vaquant à mes activités, au quotidien que les êtres et les choses m’impressionnent, m’imprègnent et me communiquent des états d’âme. Voici une espèce de vade-mecum de ce que je porte des douze mois de 2003.

Mes lectures prennent une place prépondérante. J’ai lu une centaine de livres. Ce sont des rencontres imprévisibles dont l’impact varie entre l’oubli des uns et la fréquentation assidue des autres. Je te donne les titres de mes meilleurs romans de 2003 : « Pilgrim » de Timothy Findley, « Alouette » de Dezsö Kosztolányi, « Révolutions » de Le Clézio, « Oryx and Crake » de Margaret Atwood, « La maison étrangère » d’Elise Turcotte et « Une adoration » de Nancy Huston. De ces interprétations de la vie, certaines se transposent dans la mienne. Ce sont des genres de romans qui sollicitent l’intelligence, qui stimulent la réflexion et qui donnent des heures de plaisir. Il m’arrive de subir le même regret au mot fin que lorsqu’un ami me dit adieu. Ils sont passés en laissant une manière de vivre derrière eux. Au niveau de la nouvelle, ma découverte de l’année : Raymond Carver. « Les vitamines du bonheur », « Tais-toi, je t’en prie » et « Parlez-moi d’amour » sont trois recueils de nouvelles à lire absolument. Leur lecture m’a donné le goût de connaître cet écrivain américain dont Elise Turcotte et Guillaume Vigneault m’avaient parlé en termes élogieux. Je me suis donc procurée son œuvre autobiographique «Les  Feux ».  Je le suggère à quiconque veut écrire sérieusement. Suzanne Myre est également une nouvelliste à découvrir avec « Nouvelles d’autres mères ». Robert Lalonde m’avait conseillé « Petit traité de désinvolture ». L’auteur, Denis Grozdanovitch, sur des thèmes variés nous lance sur des fils d’idées percutantes à l’esprit. Des essais ont nourri mes connaissances. « La marche du cavalier » avec Geneviève Brisac, un incontournable dans la marche vers l’écriture. Dans « Le bien commun », Riccardo Petrella traite de la mondialisation et de ses pouvoirs tentaculaires sur nos libertés. Pierre Bertrand, un philosophe que j’apprécie, m’aide à poursuivre mes réflexions sur la créativité avec « L’art et la vie ». Dans les récits de voyage, je suis toujours une fidèle d’Ella Maillart et de Nicolas Bouvier. J’ai fait la connaissance d’une écrivaine de leur trempe avec Écrits intimes » d’Isabelle Eberhardt. En poésie, mon coup de cœur de l’année : « Entre la lettre et l’esprit » de Raôul Duguay. C’est un poème d’envergure. Une vie au complet y passe. Il ira rejoindre les écrivains et poètes que je lis et relis régulièrement comme José Acquelin, Paul Chanel Malenfant, Madeleine Gagnon, Serge Patrice Thibodeau, Robert Lalonde et Joë Bousquet. Ces derniers sont devenus des amis indispensables. Je les ai à la portée de la main.

Rassure-toi, je n’ai pas fait que lire durant l’année. Les voyages et les randonnées ont occupé de l’espace. Le plus enrichissant de mes voyages, ce fut mes quinze jours à Terre-Neuve. J’ai voyagé de découvertes en découvertes en un dépaysement et un émerveillement comme je n’en avais jamais vécus lors de mes autres périples en Amérique du Nord. Les excursions dans les fjords et les randonnées au sommet du Gros Morne demeurent des expériences uniques.

Les rencontres de famille, les rencontres d’amis et les rencontres littéraires me prouvent encore et encore que je suis une personne privilégiée avec un degré de chance exceptionnelle. En 2003, j’ai fait la connaissance de deux êtres au charisme et à la personnalité remarquables. La première Urgel, c’est ta fille Hélène, rencontrée en juin. C’est une heureuse coïncidence qu’elle eut à remplacer la quatrième personne lors de notre randonnée de trois jours dans les sentiers des Appalaches. Une personne à marquer d’une pierre. C’est rare d’être aussi authentique et attentionnée aussi jeune. La deuxième personne est arrivée à la Tourelle en juillet comme par magie. C’était Francine Alepin, une femme à la grandeur d’âme aux dimensions de l’univers. Elle en a marqué plus d’un. Elle maintient une intensité dans sa communication et dans ses gestes. Ses sentiments sont profonds. Il émane d’Hélène et de Francine une inépuisable bonté et une générosité indéfectible.

Je te disais que les objets m’attirent et m’animent. Il y a les pierres. Cette année, j’ai rajouté à ma collection des nouveautés. À certaines, aux stries scripturales, j’ai donné le nom de pied de poète. Il y a le papier, l’encre et le stylo plume qui me stimulent. En 2003, ces objets m’ont permis d’envoyer une correspondance de plus de quatre cents lettres et cartes.

Oui, l’an deux mille trois fut une bonne année. Que 2004 te soutienne dans tes projets Urgel, dans tes rêves aussi. Bonne année à tous les lecteurs complices de la chronique du monde.

 

une chroniqueuse reconnaissante envers Caro,

 

Alvina

 

 

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