Lettre vagabonde – 14 janvier 2004

Les animaux dans nos vies

 

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Salut Urgel,

 

Un ami qui possède un chat me disait tout le mal qu’il avait à louer un appartement où on acceptait les animaux. Certaines personnes préfèrent vivre avec un animal de compagnie que tout fin seules. Il s’avère de plus en plus difficile de trouver un logis si on possède une petite bête.

  Petite-Rivière-du-Loup, presque chaque maison est propriétaire d’un chien et souvent d’un chat. Au village et en ville, adultes et adolescents marchent avec leur chien. Les animaux de compagnie augmentent on dirait. Si tant de gens possèdent un animal domestique, c’est que nous en avons besoin dans nos vies. Les animaux manifestent leur affection de manière inconditionnelle. N’oublions pas, qu’à part les chats et les chiens, il y a les hamsters, les poissons, les oiseaux et quelques autres petites bêtes. Certains préfèrent les reptiles, tels le lézard, l’iguane ou la tortue. Je me demande ce que donnerait le résultat d’un recensement des animaux domestiques au Canada.

J’ai vu des enfants complètement transformés après qu’on leur eut offert un chat ou un chien. Le chien et l’enfant peuvent même partager des jeux. Il s’établit une complicité entre eux. La plupart des chiens s’installent à la porte ou à la fenêtre quelques instants avant que l’enfant arrive de l’école ou l’adulte du travail. Les adultes, jeunes ou vieux, se retrouvent souvent à marcher à l’extérieur afin de faire prendre l’air à leurs bêtes. C’est tout un positif. Les bienfaits de l’exercice ne sont plus à prouver.

Il est difficile de rester indifférent devant un animal de compagnie. Des sentiments solides et profonds unissent les bêtes et les humains. Apprivoiser un animal et se laisser apprivoiser par lui est une garantie de fidélité! Les gestes affectifs sont spontanés. Tout est gratuit. Les conditions pour assurer une bonne entente sont minimes. Un lien fort se crée. Dans certains foyers de soin, finalement, on accepte l’animal de compagnie. Les comportements des résidants se transforment. Ils circulent et sortent de leur mutisme. Souvent, les personnes âgées trouvent auprès d’un animal, le seul être vivant à caresser, à dire des mots tendres. Ils se sentent utiles. J’ai déjà connu un médecin qui suggérait aux personnes malades et confinées en leur demeure de se procurer un animal de compagnie. Il paraît qu’en plus du moral, la santé physique s’améliorait. Il est certain que l’on prête toutes sortes de pouvoir aux animaux domestiques. Je trouve qu’on exagère à peine.

Sais-tu Urgel que dans le dictionnaire de Littérature, se retrouvent des photos intitulées « Les animaux et leurs écrivains » : Lamartine avec ses chiens, Pierre Loti et son chat, Giono et son chien et j’en passe. Marguerite Yourcenar vénérait son chien et se faisait photographier avec lui sur ses genoux. Qui n’a pas entendu parler des chats de Colette et ceux d’Hemingway ? Colette fut surnommée la romancière de la nature et des bêtes. Encore aujourd’hui, la maison d’Hemingway à Key West est entourée d’une cinquantaine de chats que les visiteurs peuvent observer lors de la visite des lieux. L’auteur Claude Roy avait installé son bureau à la fenêtre d’où entrait et sortait son chat. Dans tous ces romans, Jacques Poulin ajoute un personnage important : le chat. Robert Lalonde est accompagné de son chien dans ses récits sur la nature. Voici une anecdote assez pertinente : Pierre Loti faisait faire des cartes de visite à sa chatte. Il faut le faire.

Dans ma famille, bon nombre de maisons possèdent leurs chats et leurs chiens. Les animaux domestiques bénéficient d’une place importante. J’ai mon chat, Cassandre. Ma nièce Carol me l’a offert douze ans passés. Cassandre s’allonge sur mon papier quand j’écris, elle grignote les plantes et mets de la vie dans la maison. Des amis lui reprochent son sale caractère. Une personnalité de chatte mal élevée quoi. Mais elle fait son travail de chat et accepte même certaines caresses. Quand je rends visite à mes neveux et nièces d’un bout à l’autre du Canada, je retrouve cet amour des chats et des chiens, ce besoin de vivre en leur compagnie. Il y a beaucoup de tendresse dans ces personnes qui côtoient des petites bêtes.

Je crois que l’on devrait démontrer plus de tolérance face aux animaux. Il est important de permettre aux gens de garder leurs animaux de compagnie dans les appartements. Les liens avec les animaux, ça adoucit les mœurs.

Si tu avait un chien à Kuujjuaq Urgel, tu pourrais faire tes randonnées dans la toundra sans risque de t’égarer. Un chien reconnaît toujours son chemin. Tu serais un bon maître, j’en suis convaincue. Qu’en penses-tu?

 

ta Colette des bêtes

Alvina

 

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