Lettre vagabonde – 4 octobre 2006

Tournée d’automne, première moisson : Jean-François Beauchemin

 

Cher Urgel,

La Tournée d’automne 2006 des écrivains a pris sa lancée avec Jean-François Beauchemin romancier et poète. Quatre rencontres littéraires dans la Baie-des-Chaleurs ont rassemblé une centaine de personnes. Les étudiants ont reconnu en Jean-François Beauchemin un des leurs. On dirait un adulte revêtu d’adolescence; à l’intérieur palpite un cœur d’enfant.

À l’aise devant son public de tout âge, l’auteur s’en approche, confiant dans la force de ses mots. « J’écris pour les gens » se plaît-il à affirmer. Ses paroles s’accompagnent d’arabesques que ses mains tracent dans l’espace. On s’attend presque à voir les mots couler au bout de ses doigts longs et unis comme des crayons. Tous éprouvent de la sympathie pour cet écrivain à la fois à l’aise dans sa bulle et disponible et ouvert à l’échange. Son humour nous met à l’aise.

Le nom de Jean-François Beauchemin s’inscrit régulièrement aux pages des journaux et des revues littéraires. Les entrevues abondent. Critiques et lecteurs ont pu récolter dès les premières semailles une œuvre à sa maturité. La fabrication de l’aube se déguste comme une émotion enrobée d’amour et d’amitié. C’est le genre de nourriture qui nous parvient fraîche et sans emballage. Le récit direct, touchant, respirant la franchise, offre à la fois contentement et révélations. La lecture de La fabrication de l’aube m’a procuré un plus grand bien que celui que m’avaient promis les critiques élogieuses. Dans La fabrication de l’aube, Jean-François Beauchemin  raconte qu’il fut préserver de la mort grâce à la présence constante de ses frères, sa sœur et ses amis. Un récit sur la vie surgit sous la plume de l’auteur au lendemain de ses cinq mois de lutte contre la mort.

Une boussole aimantée à l’amour, à l’amitié guide dorénavant les pas de Jean-François Beauchemin sur la terre. Je suis encline à me laisser guider par de semblables sentiments. La fabrication de l’aube, un récit à relire à petit train pour constater que « quelque chose veut de moi en ce monde. » L’auteur conclut ainsi son récit : « Des milliers de gens vivront ce que j’ai vécu, sans doute mieux que je ne l’ai fait, et découvriront eux aussi par leur expérience que le cœur, que l’esprit que le corps même, après  cela, se détournent un peu plus de l’innocence qui les avait émus et formés jusqu’à ce jour. » La fabrication de l’aube, une réconciliation avec la vie.

Le Jour des corneilles, un roman incontournable te diront les membres du cercle littéraire, te conduira au langage premier, porté comme un vêtement, comme une odeur du corps qui nous identifient. Un adulte enfant, des yeux autour de la tête et tous les sens aux aguets relie naissance et mort en respiration continue. Un fils en quête du sentiment suprême : l’amour. Une histoire inhabituelle. Du jamais lu auparavant.

Jean-François est un écrivain qui lit. Son intérêt pour d’autres auteurs, son enthousiasme pour leurs œuvres, m’encouragent à les découvrir. Un écrivain qui ne lit pas me déçoit. Une autre grande qualité de l’écrivain, c’est de laisser au lecteur le champ libre d’évoquer, d’interroger et de suivre sa direction. Une œuvre profondément humaine que la sienne. Si jamais quelqu’un avait l’idée de créer un dieu plus humain, je ne serais pas surprise de retrouver là l’auteur Jean-François Beauchemin.

 

Amitiés,

Alvina

 

 

 

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