Lettre vagabonde – 03 octobre 2007

Les petites et les grandes causes

Cher Urgel,

En marchant dans les rues de Montréal ces derniers jours, des gens allongeant un contenant, demandaient l’aumône. Il ne se passe pas une semaine sans que nous ne soyons sollicités. Chaque organe du corps a son organisation, chaque organisme plaide sa cause. De la boîte aux lettres, au téléphone et à la porte, les demandes de contributions financières s’accumulent. Comme dit ma sœur Lidwina, mieux vaut choisir ses causes.

J’ai choisi mes causes d’après les valeurs qui me tiennent le plus à cœur : le bien-être des enfants et le respect des droits humains. Le parrainage Paul-Gérin-Lajoie m’offre l’occasion de contribuer à l’éducation d’une enfant du Sénégal. Grâce à la correspondance, nous gardons contact ma filleule Rama et moi. Je reçois même une copie de ses résultats scolaires. Lorsqu’il m’arrive de voir quelqu’un lésé dans ses droits fondamentaux, je réagis. J’ai trouvé l’organisme qui défend les droits humains : Amnistie internationale.

Amnistie internationale fondée en 1961 se porte à la défense des droits humains partout sur la planète. Elle vise à soustraire les victimes de l’injustice, de la torture, de l’emprisonnement illégal et de l’exploitation sous toutes ses formes. Amnistie internationale a réussi à libérer des centaines de prisonniers incarcérés pour leurs opinions, à améliorer le sort des femmes et à soustraire les enfants de l’exploitation par le travail servile et la prostitution.

Amnistie internationale est actuellement en pleine campagne de financement. Elle vise à sensibiliser le public, les organismes non gouvernementaux et les médias. Il existe bien des façons d’être solidaire des causes que défend Amnistie. On peut devenir membre en faisant une contribution annuelle. Il existe des réseaux au niveau régional qui adoptent un individu ou un groupe lésé dans leurs droits. Je fais partie du Groupe 35 AI de Rimouski. La correspondance constitue notre moyen de lutter. Nous adressons nos lettres aux gouvernements et autres dirigeants pour dénoncer mauvais traitements et atteintes à la liberté. Nous écrivons également à la victime pour l’assurer de notre appui. Grâce aux démarches d’Amnistie internationale et du Groupe de Rimouski, la chanteuse gospel, Helen Berhane fut libérée. Elle était détenue dans un container en plein soleil. Sa libération date d’octobre 2006. Ensemble, nous pouvons changer les choses. La solidarité restera la plus grande force dans les combats contre l’injustice.

Des jeunes et des personnes âgées demandent l’aumône dans les rues de Montréal. On pourrait dire que chaque itinérant possède sa petite cause. Mais si on vise à enrayer la pauvreté d’une population dépourvue de l’essentiel, il importe d’insérer la situation des plus démunis parmi les grandes causes. Ce matin, un jeune homme m’intercepte à l’entrée de la station de métro Mont-Royal. « Je ne quête pas moi, je peins des cartes et je les vends », me dit-il.  Son accent acadien m’incite à engager la conversation. Un Gallant de Shediac est devenu un pauvre de Montréal.

Il circule peu d’itinérants à Shediac ou à Pointe-à-la-Croix. La misère, en étant moins visible, n’est pas moins criante. Qui sait, tout village possède peut-être son sans-abri. Il suffit de marcher dans les rues de Montréal ou d’une autre grande ville pour se retrouver face à face avec l’un des nôtres. Que de causes à défendre. L’important, c’est d’adhérer à celles qui nous tiennent le plus à cœur. En passant, elles sont jolies les cartes de Gallant.

 

Amitiés,

Alvina

 

                       

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