Lettre vagabonde - 31 octobre 2015

Cueillaison de poésie

Auversodespierres

Une plante vivace le poème. Encore faut-il lui accorder de petites attentions pour assurer sa survie. Le terreau gaspésien devient de plus en plus fertile. C’est l’endroit où la culture du poème reçoit son inspiration de tous les bouts du monde entre mer et montagne. La voix d’Hélène Poirier vient s’ajouter à celle de Joanne Morency et de France Cayouette.

Tout comme Joanne Morency, Hélène Poirier est venue à la poésie par la chanson. Une certaine symphonie de l’âme est indispensable dans l’atteinte d’un chant poétique aussi cristallin. Hélène s’est mérité la mention du jury au Prix Piché de Poésie de l’Université de Québec à Trois-Rivières. Son texte, reconnu comme une touchante suite poétique, est publié conjointement avec celui de la récipiendaire du Prix Piché 2015, Ginette Andrée Poirier. Art Le Sabord en est l’éditeur.

Je ne voudrais pas passer sous silence la qualité de l’écriture de la lauréate du Prix Piché. Ginette Andrée Poirier nous entraîne dans son univers géopoétique avec Au verso des pierres. On ressent à la lumière de ses poèmes sa complicité avec le territoire. Elle  appartient à cette vaste contrée qui définit les saisons de sa poésie. « Il y a des odeurs qui ne meurent pas / celle de sous-bois mouillé / du vieux sapin dans un sursaut de blancheur / celle qui surgit avant le sommeil / emmitouflée dans la peluche tiède. » Ginette Andrée Poirier donne envie d’enfiler son vieux manteau, de chausser ses bottes de sept lieues et de partir à la recherche de la faille lumineuse dans les coins sombres.

Mes dessins dans tes regrets d’Hélène Poirier nous convie plutôt vers une marche intérieure. Ici on a droit à un vibrant témoignage à cœur ouvert. Une relation ambigüe, une écoute et ses vagues de silence, une parole évocatrice et sa gamme de non-dits. L’empreinte d’une souffrance, discrète, glisse en marge du poème comme si un écho en ramenait avec plus d’intensité, l’entendement. « Depuis toujours / le début de tes phrases / J’aurais aimé ça… / la même déconvenue. » Tous les temps recomposés au présent des émotions. À travers les chemins tortueux, la recherche, en vain, d’une saine relation. « Les petits fruits ramassés / pour toi / j’achetais tes rêves / un à un / avalé par tes manèges. »

Hélène Poirier nous offre un vibrant poème. De touche en retouche, elle s’acharne à dégager de sa toile intérieure, quelques rayons de soleil sous l’amas de nuages. Sous la rigueur du style, se révèle la fluidité du contenu. Tout comme les poètes Joanne Morency et France Cayouette, Hélène Poirier pose un regard intimiste sur son entourage. J’aime bien ces tête-à-tête sur ton de confidence où l’auteur en se rapprochant de nous, nous rapproche de nous-mêmes. Mes dessins dans tes regrets t’assurera une bonne provision de poésie à déguster en toute saison.

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Commentaires (1)

1. Brigitte Lavallée 2015-10-31

Belle description de ce que cette poésie laisse dans ses sillons...

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